Marchés · 6 min de lecture
Un conflit, un détroit bloqué, une sanction : à des milliers de kilomètres, un événement peut faire varier en quelques heures le prix de l’électricité et du gaz que vous achetez.
L’énergie est l’une des matières premières les plus sensibles à l’actualité internationale. Pour une entreprise française, comprendre ce lien n’est pas un exercice théorique : c’est ce qui explique pourquoi deux contrats signés à quelques semaines d’écart peuvent afficher des prix très différents.
Le gaz, premier canal de transmission
En Europe, le prix de l’électricité est souvent fixé par la dernière centrale appelée pour répondre à la demande, très fréquemment une centrale à gaz. Quand le gaz augmente, l’électricité suit, y compris en France, malgré notre parc nucléaire, car les marchés européens sont interconnectés.
Or l’Europe importe l’essentiel de son gaz. Depuis 2022 et la forte réduction des livraisons russes par gazoduc, elle s’approvisionne davantage en gaz naturel liquéfié (GNL) acheminé par bateau, notamment depuis les États-Unis et le Qatar. Ce gaz est disputé sur un marché mondial, en concurrence directe avec l’Asie.
2022, l’exemple le plus marquant
Après l’invasion de l’Ukraine, le prix du gaz sur le marché européen de référence a atteint des niveaux historiques à l’été 2022, entraînant l’électricité dans son sillage. Les entreprises dont le contrat arrivait à échéance à ce moment-là ont subi des hausses brutales, quand d’autres, couvertes plus tôt, ont été protégées.
Les risques à surveiller
- Les routes maritimes du GNL et les détroits stratégiques
- Les décisions européennes de sortie complète du gaz russe
- Le niveau de remplissage des stockages de gaz avant l’hiver
- Les sanctions et les tensions commerciales entre grandes puissances
- La disponibilité du parc nucléaire et hydraulique européen
Comment s’en protéger
On ne peut pas prévoir une crise. On peut en revanche éviter d’y être entièrement exposé le jour où elle survient.
Ne pas tout acheter à une seule date
L’achat par tranches (fixation) ou le bloc + spot répartissent le risque dans le temps, pour les volumes qui le permettent.
Anticiper ses échéances
Renégocier six mois à un an avant la fin d’un contrat laisse le temps d’attendre une fenêtre de marché plus favorable.
Suivre les marchés au quotidien
C’est notre rôle : nous surveillons les prix et l’actualité, et nous vous alertons quand il faut agir.
La géopolitique restera imprévisible. Une stratégie d’achat bien construite, elle, se prépare.
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